09.08 - Lekeu et Jongen : de grands musiciens belges aux destins si différents

Contemporains, Guillaume Lekeu et Joseph Jongen étaient également nés dans la même province de Liège. Ces deux grands musiciens belges eurent pourtant des destinées très différentes. Le Quatuor Ardente, dont le nom revendique l’ancrage liégeois, leur rend hommage.
09.08 - Lekeu et Jongen : de grands musiciens belges aux destins si différents
Quatuor Ardente / Photo S. Inova @ Salle Philharmonique de Liège
Né à Verviers, Guillaume Lekeu (1870-1894) a suivi ses parents à Poitiers dès l’âge de 9 ans, s’installant ensuite à Paris (1888). Très tôt fasciné par les œuvres de Bach et Beethoven, il s’engage dans une carrière de compositeur, d’abord en autodidacte, puis avec César Franck (1889-90) et Vincent d’Indy (1891-93) comme mentors. Ses avis sans complaisance pour ses contemporains lui feront tôt prendre le parti des modernes. Mort à 24 ans d’une fièvre typhoïde, il laissa inachevé un superbe quatuor à clavier. Quoique moins ambitieuse, la Méditation pour quatuor à cordes (1887) peut être rapprochée de La nuit transfigurée (1894) d’Arnold Schönberg ou des Métamorphoses (1944) de Richard Strauss, partitions majeures de la musique pour cordes de la période ultérieure.Joseph Jongen (1873-1953) suivit des études musicales au Conservatoire de Liège, où il se fit remarquer par ses dons d’improvisation à l’orgue. Pendant la Grande Guerre il se réfugia avec sa famille à Londres, où il donne de nombreux concerts d’orgue et de musique de chambre. Il fut nommé professeur au Conservatoire de Liège (1902-1920) puis au Conservatoire de Bruxelles (1920-1939), avant d’en prendre la direction en 1925. Il a composé des pièces symphoniques, maintes pages pour le piano, de la musique sacrée, mais surtout de la musique de chambre. Les deux Sérénades au programme datent de 1918. On y retrouve l’atmosphère des sérénades de Dvořák ou de Joseph Suk, avec un caractère sombre, reflétant les circonstances de la guerre.Le Quatuor Ardente voit le jour en 2008 au cœur de la cité Ardente (Liège). Il aborde tous types de répertoire en partant des grands classiques jusqu’à nos jours. Prenant à cœur de promouvoir au mieux la musique belge, il a ainsi enregistré Harmonies du Soir pour quatuor et orchestre d’Eugène Ysaÿe avec l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège, un album qui leur a valu un Diapason d’Or. Les quatre membres du quatuor enseignent au Conservatoire Royal de Musique de Liège.
 
Mis en ligne le 26 July 2017 à 21h27

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