31.07 – Quand le ghazal persan dialogue avec l’amour courtois d’Occident

Deux arts parmi les plus raffinés du monde médiéval dialoguent. Le chant persan savant de Taghi Akhbari répond aux chants d’amour de trouvères et de troubadours du XIIe au XIVe siècles, ainsi qu’aux polyphonies de Guillaume de Machaut, interprétées par l’ensemble vocal De Caelis.
31.07 – Quand le ghazal persan dialogue avec l’amour courtois d’Occident
Ghazal
Le ghazal est un genre littéraire qui apparaît dans la poésie arabe vers le VIe siècle et connaît un âge d’or en Perse aux XIIIe et XIVe siècles. Ce genre de poésie amoureuse trouvera au XIVe siècle une forme élaborée qui suscitera quelques siècles plus tard l’admiration de poètes occidentaux comme Goethe. À l’origine, il décrivait les états d’âme de l’amoureux et son regard sur sa bien-aimée, mais au fil du temps sont apparues des formes plus philosophiques, mystiques ou satiriques. La langue persane masquant la distinction entre féminin et masculin, le ghazal permet en outre une lecture à double sens : l’être aimé est-il une femme, un homme ou bien Dieu ? Il a donné naissance à un genre musical aux nombreux représentants, tant en Iran qu’en Inde ou en Afghanistan.Le parallèle entre cette poésie amoureuse orientale et l’art médiéval du trobar des poètes occitans, comme de la chanson des trouvères dans le Nord, saute aux yeux. Une distinction majeure cependant : si le sujet principal est bien une célébration de l’amour, le troubadour, comme le trouvère, est avant tout un amoureux transi dont la dame, l’objet de son désir, est inaccessible. Cet art poétique est un miracle de la variation ininterrompue, exercé pendant plus de 150 ans par des dizaines de trouveurs, qui renouvelaient sans cesse cet art essentiellement collectif.Créé en 1998, sous la direction artistique de Laurence Brisset, l’ensemble De Caelis est spécialisé dans l’interprétation du répertoire médiéval a cappella. Il effectue un travail d’interprétation reposant sur la connaissance des sources, des notations, et du contexte des œuvres. Taghi Akhbari a été initié aux raffinements du chant persan à l’âge de 20 ans en Iran. En 1980, il décide de s’installer à Tours, où il découvre la technique vocale occidentale. Depuis, il conjugue la technique occidentale et la sensibilité orientale.
 
Mis en ligne le 26 July 2017 à 21h07